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Spectacle 2004
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Mot d'Edgar Fruitier

Quelques mots pour communiquer mon enthousiasme ! J’ai vu plusieurs productions de cette compagnie. J’ai surtout eu le privilège de chanter avec ces artistes. Privilège, oui, mais aussi joie et admiration ! Le sérieux avec lequel les solistes et les choristes se préparent aux spectacles de la production annoncée m’a ramené à ce qui est l’essentiel dans le métier de la scène : respecter autant l’œuvre présentée que le public qui en prend connaissance lors des représentations. Il faut avoir vu les choristes répéter avec ferveur pour sentir qu’on doit donner tout ce dont on est capable pour être à leur hauteur. Cette ferveur, doublée du plaisir de chanter est communicative. Vous remarquerez que je n’ai pas parlé de l’Orchestre symphonique du Saguenay- Lac-St-Jean; ce n’est pas un oubli : je gardais mes impressions pour la fin de mon panégyrique. En quelques répétitions, l’ensemble orchestral se met à l’unisson de la production. Si bien que les représentations atteignent une qualité hautement professionnelle. Témoin : la réflexion qu’on m’a faite lors d’une représentation de « La Veuve joyeuse » de Lehàr. …cette « veuve » est digne de n’importe quelle métropole d’Amérique. Et cela était vrai. Notez que je serais juste, je signalerais ici l’irréprochable travail des danseurs, chorégraphes, décorateurs et costumiers. Soyons complet : l’arrière scène, machinistes, habilleuses maquilleurs, coiffeurs sont toujours à la hauteur.

Il est difficile pour moi de parler sans enthousiasme des productions de cette maison d’art lyrique du Saguenay.

Ajoutons que les maisons se consacrant à l’opérette sont rares. Mais, le dynamique directeur artistique Jean-François Lapointe dirige la maison avec une fermeté qu’on retrouve dans sa direction d’orchestre; il est l’âme de la maison. Il n’empêche que lorsqu’il dirige, j’ai toujours un regret : on ne l’entend pas chanter : évidemment il faut choisir, on ne peut tout avoir. Trouve-t-on, de nos jours, une seule autre compagnie lyrique qui se consacre exclusivement à l’opérette en Amérique. Je ne le crois pas. J’ai vaguement entendu dire qu’aux Etats-Unis, une autre compagnie présente les œuvres de Gilbert et Sullivan, je ne pourrais dire dans quelle ville cette compagnie se produit.


La Belle Hélène 2000

Je n’aime pas qu’on lève le nez sur l’opérette ! Voici un genre musical qui se situe entre le rire et l’amour. En effet, on rit chez Offenbach et on peut être ému chez Franz Lehàr. L’opérette est un genre si riche qu’on peut y trouver, dans une excellente musique, un divertissement à l’image de notre esprit ou de notre cœur. Je terminerai par ce mot déterminant de Camille Saint-Saens. « L’opérette est une fille de l’opéra comique, une fille qui a mal tournée . Mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agréments ». Vous êtes d’accord ?

Quelles joies nous procurent ces productions annuelles de la Société d’Art Lyrique du Royaume ! Que cela continue ! Et pourquoi pas deux ou trois productions annuelles plutôt qu’une !… Longue vie et bonheur ! Avec tous mes hommages admiratifs.


Edgar Fruitier