Mot d'Edgar Fruitier
Quelques mots pour communiquer mon enthousiasme ! Jai vu plusieurs productions de cette compagnie. Jai surtout eu le privilège de chanter avec ces artistes. Privilège, oui, mais aussi joie et admiration ! Le sérieux avec lequel les solistes et les choristes se préparent aux spectacles de la production annoncée ma ramené à ce qui est lessentiel dans le métier de la scène : respecter autant luvre présentée que le public qui en prend connaissance lors des représentations. Il faut avoir vu les choristes répéter avec ferveur pour sentir quon doit donner tout ce dont on est capable pour être à leur hauteur. Cette ferveur, doublée du plaisir de chanter est communicative. Vous remarquerez que je nai pas parlé de lOrchestre symphonique du Saguenay- Lac-St-Jean; ce nest pas un oubli : je gardais mes impressions pour la fin de mon panégyrique. En quelques répétitions, lensemble orchestral se met à lunisson de la production. Si bien que les représentations atteignent une qualité hautement professionnelle. Témoin : la réflexion quon ma faite lors dune représentation de « La Veuve joyeuse » de Lehàr.
cette « veuve » est digne de nimporte quelle métropole dAmérique. Et cela était vrai. Notez que je serais juste, je signalerais ici lirréprochable travail des danseurs, chorégraphes, décorateurs et costumiers. Soyons complet : larrière scène, machinistes, habilleuses maquilleurs, coiffeurs sont toujours à la hauteur.
Il est difficile pour moi de parler sans enthousiasme des productions de cette maison dart lyrique du Saguenay.
Ajoutons que les maisons se consacrant à lopérette sont rares. Mais, le dynamique directeur artistique Jean-François Lapointe dirige la maison avec une fermeté quon retrouve dans sa direction dorchestre; il est lâme de la maison. Il nempêche que lorsquil dirige, jai toujours un regret : on ne lentend pas chanter : évidemment il faut choisir, on ne peut tout avoir. Trouve-t-on, de nos jours, une seule autre compagnie lyrique qui se consacre exclusivement à lopérette en Amérique. Je ne le crois pas. Jai vaguement entendu dire quaux Etats-Unis, une autre compagnie présente les uvres de Gilbert et Sullivan, je ne pourrais dire dans quelle ville cette compagnie se produit.
La Belle Hélène 2000
Je naime pas quon lève le nez sur lopérette ! Voici un genre musical qui se situe entre le rire et lamour. En effet, on rit chez Offenbach et on peut être ému chez Franz Lehàr. Lopérette est un genre si riche quon peut y trouver, dans une excellente musique, un divertissement à limage de notre esprit ou de notre cur. Je terminerai par ce mot déterminant de Camille Saint-Saens. « Lopérette est une fille de lopéra comique, une fille qui a mal tournée . Mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agréments ».
Vous êtes daccord ?
Quelles joies nous procurent ces productions annuelles de la Société dArt Lyrique du Royaume !
Que cela continue ! Et pourquoi pas deux ou trois productions annuelles plutôt quune !
Longue vie et bonheur !
Avec tous mes hommages admiratifs.
Edgar Fruitier